Quand on aborde et que l’on débute dans le minimalisme, on est souvent confronté à certains préjugés. Ces préjugés sont louables, car il repose sur notre mode de vie et notre système de consommation actuel qui nous formate depuis plusieurs décennies. On peut alors comprendre, que ces préjugés persistent.

Toutefois, il ne s’agit pas d’une fatalité, et il est à notre portée de sortir de ces schémas qui nous conditionnent. Pour cela, il suffit de changer de perspective. Dans cet article, nous abordons les principaux préjugés auxquels on peut être confronté lorsqu’on débute dans le minimalisme.

Minimalisme et la peur du manque, du vide

Le minimalisme est souvent associé par mégarde à des intérieurs nus et froids, à des décors sérieux et stériles, du béton et du blanc immaculé.  On associe au mot “vide” des notions non-attractives. Le vide est lui-même associé à la perte, la précarité et au manque.

Le minimalisme s’inscrit dans une autre perspective : ne pas voir le vide tel qu’il est représenté, mais ce qu’il est vraiment : c’est-à-dire voir de la place ! De même, quand notre maison (le réceptacle de notre vie) est encombrée d’objets inutiles, notre Être est relégué au second plan. Nous n’avons plus le temps, l’énergie et la place de vivre de nouvelles expériences.

Grâce au minimalisme nos maisons redeviennent des réceptacles vides, accueillants et aérés pour vivre nos vies. Elles retrouvent un plein potentiel à exploiter. Le minimalisme n’est pas une méthode de rangement ou d’organisation. On ne raisonne plus à court terme, mais à long terme avec, en ligne de mire, la volonté d’adopter un nouveau mode de vie.

La joie d’exister, c’est le bien suprême, le goût de la vie de tous les jours. La joie d’exister s’accompagne d’une espèce de légèreté. Pour moi, c’est le bien suprême parce qu’elle est accessible sans l’intermédiaire d’aucune matière. Nul besoin d’anxiolytique pour l’atteindre. La joie d’exister, c’est comme l’intelligence qui n’a rien à voir avec l’aptitude du cerveau.


Pierre Rabhi

Une société de consommation qui nous formate à un certain bonheur

À notre époque, nous vivons dans une société d’apparence où seul semble exister ce qui se montre, ce qui se voit. Le bonheur est associé à l’accumulation et la multitude. On nous fait croire qu’il est plus important de gagner sa vie pour acheter et accumuler que de la vivre.

Médias et publicités jouent un rôle capital dans la transmission de ces valeurs standards, nous indiquant le chemin à suivre, une image du bonheur “formaté” et “de masse”. Nous sommes pourtant parfaitement capables de nous autogérer et de sortir des chemins tracés par cette société de masse.

Le minimalisme nous prouve le contraire et nous aide à changer de perspective. Derrière le désencombrement et l’autosatisfaction, il y a une prise de conscience et une réflexion globale sur la société de consommation.

La réponse matérialiste, et la surabondance ne sont donc pas la solution au bonheur. Pourtant, partout et tous les jours, on nous prétend le contraire : « achetez ceci, vous serez plus beau », « possédez cela et vous réussirez mieux », « procurez-vous ceci et vous serez plus heureux ». Et puis une fois acheté et après l’extase des premiers moments et bien la réalité est plutôt le contraire. Un compte en banque amoindri, une joie de vivre terne.

On devient minimaliste pour diverses raisons. Certains se rendent compte qu’ils ont perdu le contrôle de leur vie à cause de leur possession, d’autres malgré l’opulence restent malheureux. Et si vivre avec moins nous permettrait d’être plus heureux.

Moins d’argent synonyme de précarité ? Qu’est-ce que la pauvreté ?

Le minimalisme est souvent associé à la précarité et la pauvreté. Il y a plusieurs centaines d’années, les gens travaillaient dur pour simplement se loger, se nourrir et s’habiller. Ils n’avaient pas les moyens de s’offrir plus.

Aujourd’hui, notre société est construite tout autrement. Malheureusement certaines personnes subissent encore ce vide, mais pour la plupart des gens, nous avons un accès aisé au logement, à une alimentation saine et de quoi nous vêtir.

Nous avons ainsi cette possibilité de choisir ce vide, qui n’est alors plus subi, mais voulu. Il suffit de changer de perspective et voir le vide tel qu’il est vraiment au lieu de ce qu’il n’est pas. On voit alors de la place dans nos placards, de la place dans nos emplois du temps, de la place pour penser, pour jouer, pour créer, pour vivre. Quitter l’Avoir pour l’Être.

Qu’est-ce que la pauvreté ? Il existe plusieurs types de pauvreté :

  • La pauvreté matérielle (faim, maladie, absence d’abri…) ; 
  • La pauvreté intellectuelle (illettrisme, éducation, absence d’activités intellectuelles…) ; 
  • La pauvreté spirituelle (absence de sens, d’esprit…) ;
  • Sont pauvres également ceux insensibles à la beauté de la nature.

La vraie richesse, c’est savoir mener une vie de façon harmonieuse et équilibrée. De se contenter de revenus modestes pour travailler moins. De se créer une vie riche autant sur le plan esthétique, intellectuel et spirituel que social.

Il est tellement plus aisé de vivre pleinement en adoptant le minimalisme et de se contenter de peu, et du suffisant. Cela demande néanmoins un vrai changement de perspective.

L’image que nous cherchons à renvoyer aux autres à travers nos possessions et le qu’en-dira-t-on

Nous ne connaissons bien une personne que lorsque nous avons visité son intérieur. Lorsque l’on sait qui l’on est, on n’a plus rien à prouver. Fort heureusement la dignité humaine ne dépend pas du compte en banque, ni même des objets que l’on possède.

Le vrai luxe, lui n’est ni palpable, ni matériel. Le luxe authentique, c’est de vivre libre. Il est toujours possible d’infuser de l’élégance et du goût dans nos vies, deux qualités ayant très peu à voir avec l’argent ou le matériel.

Être heureux, c’est ne dépendre de rien, ni de personne. Pour être heureux, il faut modifier sa perception de la vie.

“Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses”


Rainer Maria Rilke

Une grande maison, une grosse voiture ou des vêtements de luxe ne rempliront pas votre vie d’amis, de voyages, d’expériences, de lectures, de curiosité pour tout et de légèreté. Vivre plus simplement permet d’assouvir de nouvelles passions.

Se débarrasser du désir de paraître, avoir assez de lucidité et de personnalité pour ne plus se laisser formater par la consommation de masse, de ne plus chercher à prouver quoi que ce soit à travers les biens matériels.

Le minimalisme nous prouve là encore que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation et l’apparence. Le vrai bonheur est en vous. Pour le trouver, vous devez lui faire de la place pour qu’il puisse s’exprimer, et alors le laisser vous remplir au plus profond de vous-même.  

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